Fondamentaux, fondation humaine et africanisation : la nouvelle équation du marketing d'excellence à l'ère de l'intelligence artificielle.
L'intelligence artificielle ne remplace pas l'excellence marketing — elle en redéfinit les conditions. C'est le verdict que dégage l'AfterWork organisé par le Club Marketing Avis+ à l'occasion de la Journée internationale du marketing 2026. Quatre praticiens issus de l'hôtellerie, de la protection sociale, du jeu et du cloud y croisent leurs lectures d'un même phénomène : l'IA est à la fois un accélérateur d'expérience, un outil dépendant des données qu'on lui fournit et un test pour la part la plus humaine du métier — la pensée stratégique, le ressenti culturel, la tenue de la promesse. Décryptage en convictions et en cas concrets.
Disponibilité, identité, expérience : La nouvelle équation du marketing africain.
Penser l’Afrique comme un marché unique est une erreur stratégique. C’est l’une des convictions les plus fortes qui se dégagent du webinaire international organisé par le Club Marketing Avis+ du Congo pour la Journée internationale du marketing 2026. Deux praticiens — un directeur marketing FMCG opérant sur 14 pays et un stratège qui construit du « branding for Africa » depuis Brazzaville — convergent sur un même diagnostic : le marketing africain ne se gagne ni par le digital pur, ni par la beauté des campagnes, mais par une équation rigoureuse de disponibilité, d’identité culturelle et d’expérience tenue. Décryptage en données et en citations.
"L'avenir du marketing sera dans la capacité à relier technologie et réalités locales." — M É L A N I E A T I N H O U N N O N
Au cours des vingt dernières années, le marketing au Bénin a fortement évolué, porté par le digital, la diversification des outils et des actions de plus en plus ciblées. Cependant, on observe encore une approche souvent fragmentée, où communication, produit, service, terrain et expérience client fonctionnent en silos . Or, dans un marché comme le nôtre, le véritable défi n'est plus seulement d'être visible, mais d'être compris, adopté, relayé et utile. Ma manière de pratiquer le marketing repose sur cette vision globale . Pour moi, une action marketing pertinente doit pouvoir parler à plusieurs niveaux : aux publics connectés, mais aussi aux communautés locales, aux consommateurs moins exposés au digital et à ceux qui vivent une marque dans leur langue, leurs habitudes et leur quotidien. Cette conviction guide également ma pratique. Par exemple, dans la campagne Nanavi menée au sein de GAIN autour de la consommation de légumes et de fruits, nous avons cherché à intégrer ces réalités : un concept simple, facilement identifiable, pensé à travers un nom accessible et une figure à laquelle de nombreuses femmes pouvaient s'identifier. Le marketing ne doit pas seulement toucher une cible. Il doit créer un lien durable , susciter l'adhésion et construire une demande réelle autour d'une proposition de valeur comprise, appropriée et vécue.
"Le marketing doit devenir un véritable levier économique, pensé à long terme, avec des objectifs clairs et mesurables." — I R M I N E G N I D E H O U
Quel regard portez-vous sur le marketing au Bénin et qu'aimeriez-vous y apporter ?
Le marketing au Bénin a aujourd'hui pris une place importante et visible, à travers des initiatives structurantes qui participent au rayonnement du pays : événements culturels majeurs, dynamique de nation branding qui valorise nos richesses, nos talents et notre identité à l'international. Au-delà du marketing commercial, il s'exprime désormais à plusieurs niveaux : attirer les investisseurs, promouvoir la culture, soutenir la compétitivité économique. J'aimerais contribuer à inscrire cette approche dans une logique stratégique et structurée , intégrée aux politiques de développement, avec des objectifs clairs et mesurables.